07 décembre 2009
Faust ? NPAI
« Mais enfin la véritable tragédie de Faust ce n’est pas qu’il ait vendu son âme au diable, la véritable tragédie c’est qu’il n’y ait pas de diable pour vous acheter votre âme ». Romain Gary in La promesse de l’aube.
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Frédérique Bredouille se lave les dents.
Tout à coup Mademoiselle Dusk apparaît dans le miroir « Hé, qu’est ce que tu fais, là ? »
Frédérique Bredouille « Ben je me lave les dents »
Mademoiselle Dusk « Mais on sort ce soir, j’ai donné rendez vous à Mattéo, on va au stade de France voir Unighted la soirée techno de Cathy Guetta ! »
Frédérique Bredouille «Ounaille quoi ? Je vais pas vois ounaille-machin moi je mets la viande dans le torchon ! J’ai un COPIL demain, moi !»
Frédérique s’allonge, et ouvre son livre du moment, le prix Goncourt, de Marie Ndiaye. Au bout de la troisième ligne du style alambiqué de Marie Ndiaye, elle s’endort, ses lunettes de travers sur le nez, la lampe allumée.
Mademoiselle Dusk : « Hey ! Tu vas pas dormir quand même ! Réveille toi, on sort ! Mattéo nous attend, regarde j’ai son texto –jte kif tro ma race vien vite ke jte dfonss a la réssoi- c’est trop mignon !”
Frédérique Bredouille se met à ronfler.
Mademoiselle Dusk : « Ha non, elle va pas ronfler en plus ! C’te vie que je mène ! Quel calvaire ! »
Frédérique Bredouille émet un pet discret.
Mademoiselle Dusk : « C’est pas possible ! Sortez-moi de là ! ». Elle s’agite en tous sens, mais le corps de Frédérique Bredouille reste désepérément inerte.
Au bout d’une demi-heure, ayant perdu tout espoir, Mademoiselle Dusk finit par sombrer dans un sommeil lourd.
Dans son rêve, elle a rendez vous avec une journaliste de ELLE.
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La journaliste : Bonjour Mademoiselle Dusk ! Enchantée
Mademoiselle Dusk : Bonjour ! Entrez, je vous en prie… (parlant fort en direction de la cuisine) Marion, voulez vous nous préparer une tasse de thé vert ? (à la journaliste) Vous verrez il est divin je l’ai ramené du Tibet.
Marion, depuis la cuisine : Oui tout de suite Mademoiselle Dusk !
La journaliste : Quel appartement somptueux vous avez
Mademoiselle Dusk : Oui je l’ai fait décorer par Philippe Starck, c’est assez épuré. Et j’aime beaucoup faire mon yoga le matin avec ma coach personnelle sur le tapis en cachemire, près de la fenêtre. La vue sur la rive gauche depuis l’Ile Saint Louis est très reposante, cela me permet de me recentrer, avant d’attaquer une journée bien remplie.
La journaliste : Il faut dire que depuis le phénoménal succès en librairie de votre livre, « 15 ans au fin fond du CAC 40 », vous êtes très sollicitée.
Mademoiselle Dusk : C’est juste. J’interviens dans de nombreuses conférences dont le thème est le monde du travail. Je reviens tout juste de La Barbade, ou le congrès national des psychiatres américains évoquait le harcèlement moral, j’y ai fait forte impression. La semaine d’avant c’était un congrès anticapitaliste, au Brésil. Sympathique, mais l’hébergement était nettement plus « roots », si vous me passez l’expression. Enfin j’ai fait provision de ganja pour mon ami le petit Mattéo. Oui, nous sommes toujours en contact, je suis très fidèle en amitié.
La journaliste : Vous avez littéralement détrôné Christophe Dejours sur le sujet de la souffrance au travail !
Mademoiselle Dusk : Oui, pourtant je lui devais beaucoup, vous savez j’avais lu toute son œuvre Mais je crois que le public a senti que moi, j’avais vécu dans ma chair ce que je racontais. Lui est resté à un niveau beaucoup plus théorique. Moi, voyez vous, le RER A, je l’ai vraiment pris ! Et les jours de grève en plus, à cause de cette vilaine Bredouille ! C’est ce qui a plu à Gallimard, cette force brute du témoignage de première main. Et puis il faut dire que Dejours a quand même des airs de professeur Cosinus, alors que moi j’ai de gros seins et un joli sourire, ça passe mieux au journal télévisé.
La journaliste : Vous avez envoyé votre manuscrit à Gallimard par la Poste ?
Mademoiselle Dusk : Ha non, je ne crois pas aux miracles ! Je ne suis pas si naïve. Non, je m’étais fait repérer par l’intermédiaire d’un blog que j’écrivais. Oui cela peut paraître insensé, mais grâce à ce blog, j’ai rencontré le rédacteur en chef d’un célèbre site d’information, qui m’a donné un petit coup de …main ! Il avait la, humm, le….bras long !
La journaliste : Ha, votre livre est donc un recueil de textes issu d’un blog ?
Mademoiselle Dusk : Humm. En fait je ne suis pas sûre de vouloir le mentionner. Montrant le magnétophone de la journaliste - peut on mettre cette partie en « off » ? je n’ai pas du tout envie que cela se sache, la blogosphère a vraiment la réputation d’être un ramassis de sites de geeks illettrés, ou de partouzeurs racontant leurs dernières sodomies à longueur de pages, cela ferait mauvais effet, vraiment. Reprendrez vous du thé vert ? (à Marion) Marion, du thé vert pour Madame, voulez vous ? (à la journaliste) C’est difficile de se faire servir de nos jours, vraiment !
La journaliste : Votre livre est vraiment un pavé dans la mare.
Mademoiselle Dusk : Oui, tout à fait, on peut dire que c’est un livre coup de poing.
La journaliste : Vous décrivez si bien la vie grise, terne, de ces millions de salariés charriés d’est en ouest chaque jour dans ces rames de RER, qui se déversent dans ces tours de verre, pour exercer des fonction vides de sens. Brrr…
Mademoiselle Dusk : Oui, des gens qui parlent en globish, qui pissent du slide powerpoint à longueur d’année, qui vont dans des réunions de coordination transverse, qui ont des lunettes à grosses branches, qui MANGENT DU CELERI A LA CANTINE !
La journaliste : Des gens qui portent des sacs Longchamp !
Mademoiselle Dusk : Et qui mettent des chaussures Mephisto ! Ha ne m’en parlez pas, j’en ai froid dans le dos. Avoir été coincée dans cette vilaine Bredouille pendant toutes ces années, c’est ignoble. Enfin heureusement c’est terminé.
Marion : Un appel pour vous Mademoiselle Dusk. C’est urgent apparemment.
Mademoiselle Dusk, prenant le combiné : Oui, sur le compte que je vous ai indiqué, c’est ça, merci. Je vous envoie le RIB, pas de problème.
(A la journaliste) : Oui c’est drôle, la semaine dernière à la Barbade, je buvais un mojito dans un bar avec ce charmant jeune psychiatre américain, et nous avons joué au Loto Panaméricain pour rire, par bravade. Enfin, je lui ai dit que celui qui avait une chance au grattage avait une chance au tirage, hihi! J’ai eu beaucoup de mal à traduire cela en américain, je lui ai dit quelque chose comme "If you do ze gratting, we can do the fucking in your room, Okayy?"...ils sont si prudes ! Mais je m’égare. Il se trouve que j’ai gagné le gros lot, 657 millions de dollars ! La panaméricaine des jeux avait besoin de mes coordonnées bancaires pour le virement. Excusez-moi, ou en étions-nous ?
La journaliste : Quelle chance, vraiment ! Et quel message souhaitez-vous passer à votre public ?
Mademoiselle Dusk : Ha, vaste question ! Et bien je leur dirais, agissez, prenez votre destin en main, comme moi ! On n’a que ce qu’on mérite après tout, hein, comme on disait chez la Bredouille dans le CAC, what goes around comes around, hein ? Faut se sortir les doigts du cul, quoi, pour résumer.
Joaquin Phoenix et Gael Garcia Bernal font leur apparition dans le salon. Joaquin : « Hey Dusky baby, come on, stop talking, let’s hit town and party !”. Gael : ”Si, vien con nosotros, Douski, ay Gaspard Ulliel que quiere facer el amor contigo, te espera”. Elle leur roule une pelle à chacun. “Ok les guys, venez, on se casse, on va boire un coup au Baron!” (à la journaliste) Bon ça me les casse un peu de reparler de La Défense, du RER, de la vie merdique de la vilaine Bredouille, venez avec nous, on va se marrer un peu - elle leur pelote les couilles - on a un petit projet tous les trois !
Tout à coup le téléphone retentit de façon stridente.
Mademoiselle Dusk : Ca doit être la Brésilienne des Jeux! Il y a quinze jours, je buvais une batida de coco dans un bar de Rio avec ce militant altermondialiste un peu cracra mais si musculeux, et j’ai gratté un ticket, j’ai probablement gagné.
La sonnerie stridente ne s’arrête pas
Mademoiselle Dusk : Marion faites quelque chose ! (A la journaliste) : C’est de plus en plus difficile de se faire servir de nos jours !
Frédérique Bredouille tape sur le réveil-matin pour le faire taire. Elle a la bouche pâteuse, l’haleine douteuse, les cheveux dressés sur la tête, et ses lunettes à grosse branches tordues sur le nez.
Frédérique Bredouille : Ha crotte, je me suis encore endormie sur mes lunettes, elles sont toutes tordues je vais devoir retourner chez Afflelou ! Et la mutuelle ne va pas me rembourser, j’ai déjà du les refaire deux fois cette année. Satané Xanax, je m’endors comme une bûche avec ça !
Mademoiselle Dusk, hurlant d’effroi : « Joaquin, Gael, revenez, on se casse au Baron, j’ai le coupé Z3 garé en bas ! »
Frédérique Bredouille-mettant ses chaussons Scholl moulés avec voûte plantaire incorporée. « Bon c’est l’heure de mon Ricoré ! Et de mes biscottes aux 7 céréales pour le transit ! C’est important de bien faire caca le matin ! Surtout que dans le RER A on est vraiment serrés, il ne faudrait pas avoir de ballonements intempestifs ».
Mademoiselle Dusk, hoquetant : « Putain c’est pas vrai ? Ils sont tous partis ? Je vais retourner avec la vilaine Bredouille à la Défense ? Et écrire UN BLOG – elle s’étrangle de dégoût »
Frédérique Bredouille « Tiens si je me prenais une petite gélule de charbon de bois, comme ça mon pantalon de tailleur ne me serrera pas à la taille après avoir mangé ma petite salade à midi. Et puis du magnésium, comme me l’a recommandé mon copain Jéjé. Il m’a dit que c’était bon pour le moral. Et lui, il en a du moral, héhé, sacré Jéjé ! »
Mademoiselle Dusk « Mais elle va pas se la fermer, la grosse loche !!!!!!!!!!!!!! Ta guuuuuuuuuueulllllle !!!!!!!!! »
Frédérique Bredouille branche France Inter. Le jingle du 7-9 retentit. Christophe Dejours est interviewé par Nicolas Demorand. « Professeur Dejours, pourquoi cette vague de suicides chez France Télécom, d’où vient ce malaise dans le monde du travail français? »
Frédérique Bredouille : Aie aie aie si c’est pas malheureux tous ces suicides. Quand je pense que j’ai commencé ma carrière chez France Télécom comme chef de produit Tatoo ! J’ai bien fait de me reconvertir dans le bâtonnet de crabe ! Les bippers qu’on peut même pas téléphoner avec, on voit où ça mène, direct par la fenêtre ! Shpouik sur le parvis ! »
Mademoiselle Dusk « C’est pas vrai ? Dites-moi que je rêve ? AU SECOURSSSSSSSSS !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!»
04 décembre 2009
Patience
En attendant un vrai post, une petite playlist
25 novembre 2009
Zonzon
Dans « Un prophète », de Jacques Audiard, le héros, Malik, est emprisonné en maison d’arrêt.
Mademoiselle Dusk a peu de notions sur l’univers carcéral. Pour l’instant. (son employeur n’a pas encore mesuré l’étendue des dégâts). Pourtant, le film lui a paru étrangement familier.
« It rings a bell » comme on dit chez nous dans le CAC.
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« Voila ton paquetage ». Malik met sa tenue de détenu.
Frédérique met son petit tailleur bleu marine et ses mocassins à gland.
« Voila ta cellule ». Malik entre dans sa cellule. Ca sent la pisse. Les fenêtres ont des barreaux.
9 heures du matin, Frédérique s’installe dans son box dans l’open-space. Ca sent l’ordinateur et la moquette sale. Les fenêtres ne s’ouvrent pas.
« Tu seras avec Riri la bite chaude, le violeur, sur le lit du haut, et Toto les dents blanches, l’anthropophage, sur le lit du bas »
9h30, Jean-Claude, le voisin de Frédérique, s’installe à sa place en face d’elle, grogne un bonjour, décroche le téléphone, compose un numéro de conférence call avec l’inde en haut-parleur, et commence à se curer le nez, comme il le fera pour le reste de la journée. Il colle les crottes de nez sous la table de bureau. A 9h40 arrive Valérie, son autre voisine, qui s’assoit à sa table de travail, et commence à se mâchonner l’intérieur des joues, les yeux rivés sur son écran, comme elle le fera pendant toute la journée.
« Pour les douches c’est une fois par semaine au fond du couloir à gauche, évite de te pencher pour ramasser ton savon il peut t’arriver des bricoles ».
10h. Frédérique a rendez vous avec la DRH pour faire le point sur sa demande de formation au logiciel Excel. La DRH lui répond qu’elle « est très attentive à la gestion des carrières et à la montée en compétence des collaborateurs du groupe, mais que pour le moment elle ne peut donner une suite favorable à sa demande, compte-tenu des restrictions budgétaires auxquelles nous sommes confrontés dans la période actuelle, que Frédérique peut certainement comprendre ce souci d’être en ligne avec les valeurs d’austérité prônées par le groupe et qu’ elle l’invite à réitérer sa demande pour faire partie du plan de formation de l’année prochaine, le cas échéant ». Lorque Frédérique quitte le bureau, la DRH transmet une note confidentielle au N+1 de Frédérique, Jean-Guy K Pinchon IIIrd « Compétences techniques et aisance avec les chiffres à challenger, insistance démontrant des difficultés relationnelles et un manque patent de diplomatie, à surveiller lors des prochains comités d’évaluation. Envisager remplacement par une ressource offshore moins coûteuse ».
«Ta place c’est le lit du milieu, y’a pas la télé, mais tu peux regarder le mur et compter les fissures, ça distrait »
11h. Frédérique relit des slides powerpoint. On y parle de process, de roll-out, de bonnes pratiques, de valeurs, de retour sur investissement, d’efficacité, d’optimisation. Pour se distraire elle regarde le panneau avec les valeurs du groupe punaisé sur la cloison de son box « Unyielding integrity, Intensity to win, Act with Sensitivity ». Sa bouche commence à sentir le plâtre. Elle suce une pastille Valda pour chasser le goût.
« A la cantine y’a du rata »
12h30. Frédérique part acheter une salade à la boulangerie. La salalde fait pop quand on ouvre le bol de plastique. Les feuilles ont le goût du bol.
Malik regarde le mur.
Frédérique regarde sa feuille excel. Elle a un peu mal au cœur. Elle reprend une pastille Valda.
Toto les dents blanches menace de manger la jambe de Malik s’il ne lui donne pas un paquet de cigarettes.
Jean-Claude est encore sur haut parleur pour un conférence call avec l’inde. Frédérique lui demande de baisser un peu le son. Jean Claude regarde Frédérique avec un regard mauvais, sans cesser de se curer le nez. Frédérique se replonge dans son year-end forecast et sort ses boules Quies de son caisson.
Malik fume un joint. Dans les brumes de la drogue, il voit apparaître Marwann, le fantôme de l’homme qu’il a assassiné, ce qui lui a valu son incarcération. Il lui parle de Dieu.
Frédérique prend un cappucino à la machine Selecta. Elle voit apparaître Mademoiselle Dusk dans le miroir des toilettes, qui lui parle de Mattéo.
Malik est pris dans une bagarre dans la cour et écope de 10 jours de QHS. Il en ressort les yeux hagards, complètement désorienté.
Frédérique monte dans sa rame de RER A un jour de grève. Elle réussit à s’extraire à la station Val de Fontenay, dans le Val de Marne, les yeux hagards, complètement désorientée.
Malik pleure : « Ca fait 8 ans que je suis ici, j’ai pas mérité ça ! ». Riri lui répond d’une voix cinglante « T’as tué un mec à coups de couteau, t’as pas à te plaindre. J'appelle le maton y va te faire taire!"
Frédérique soupire : « Qu’est ce que je m’emmerde ! ». Valérie lui répond d’une voix cinglante « Tu n’es pas en ligne avec les valeurs de notre groupe ! Il y a tant de gens qui rêveraient de prendre ta place. J’appelle la RH ! ».
Malik a enfin droit à une permission ce week end. Il se tape une prostituée.
C’est vendredi soir. Frédérique surfe sur Meetic.
10 ans plus tard : « Malik, ta peine est purgée. Tu es libre ».
Frédérique : « Et moi ? Je peux m’en aller ? ». Jean Guy K Pinchon « Ha non, toi tu restes ! T’en as encore pour une bonne trentaine d’années ! ».
17 novembre 2009
Le monde est une requête
La Défense [Tour We Feed the World]
Outlook [Jean Claude] : « Bonjour Frédérique ! Tu prends un café ? »
Ingénieur informaticien/15 ans d’expérience/Poste recherché pilotage de grands projets/Hobby modélisme/lancer la recherche
Outlook [Frédérique] « Ha Jean-Claude je ne peux pas ce matin j’ai un Comité de Sales Force Review, on travaille sur la flexibilisation de la force de vente, je dois sortir les données pour mon patron»
Vendeurs/toutes régions/dont les bookings du mois en cours sont inférieurs à 68% de l’objectif/bonus année N-1 supérieur à 78KE/ancienneté inférieure à 5 ans/exporter les données
Dans sa tête [Frédérique] : «Pfiou j’ai bien travaillé, j’ai trouvé 85 vendeurs à flexibiliser ! Si je me faisais un petit break sur Adult Friend Finder, ça va me détendre ! »
Homme/inférieur 23 ans/région parisienne/taille supérieure 1,80m/origine ethnique tout sauf asiatique et noir/taille du sexe longueur supérieure à 18 cm/diamètre supérieur à 5 cm/piercings exclus/poils exclus/aime le sexe en plein air/aime la sodomie/search
MSN [Gigolo92] : « Kikou lol c’est gigolo92 de AFF, ke recherche tu ? »
MSN [Melle Dusk] : « Ben, à parler de Lacan, toi aussi non, mon petit Gigolinou ? »
Téléphone [DRING !]
Téléphone [Jean-Guy K Pinchon IIIrd~patron de Frédérique] : « Allo Frédérique, il me faut les slides du kick-off, avec les dernières données de vente, la top-line va mal, je dois annoncer des initiatives pour la booster »
Données de vente/affaires d’un montant supérieur à 50K€/date de signature comprise entre janvier et juin/toutes régions/toutes entités/unité de mesure K€/exporter les données
Outlook [DRH France] : "Le reliquat de vos congés est de 12 jours à prendre impérativement avant la fin de l’année. Ne répondez pas à ce mail qui est généré automatiquement".
Dans sa tête [Frédérique] : «12 jours, mais comment je vais faire, vite allons sur Last Minute »
Europe/Date de départ comprises entre novembre et décembre 09/budget inférieur à 500 € par semaine/Clubs all incluse/Chiens non admis/Enfants non admis/Go !
Téléphone [DRING !]
Téléphone [Nathalie, copine célibataire de longue date de Frédérique] « Allô Frédérique, c’est Nathalie, je me suis enfin trouvé un mec, tu viens déjeuner avec moi je vais te le présenter, il travaille dans le quartier, tu verras il est hypra cool c’est trop top ! Je suis sûre que celui la c'est le bon, je vais enfin pouvoir procréer ! Hiiiii ! »
Pizzeria [Il Picollo Lasagnito] :
« Enchantée, Frédérique »
« Ravi de faire ta connaissance, Jean-François »
Homme entre 35 et 45 ans/région parisienne/blond ou brun, roux exclus/taille supérieure 1,80m/origine ethnique européen uniquement/revenus annuels supérieurs à 75K€/ > bac + 3 minimum/ aime les sorties entre amis/aime le cinéma/aime les voyages/montrer les membres avec photo uniquement/membres en ligne uniquement/lancer la recherche
« Alors Jean François ; dis moi, comme ça tu aimes le cinéma/les voyages/les sorties entre amis ? »
La Défense [Tour We Feed the World]
Dans sa tête [Frédérique] « Pfiou je suis bien contente pour Nathalie, elle a enfin trouvé une belle relation/la sérénité/une épaule sur qui se reposer/l’amour. Si je faisais un petit tour sur You Porn pour me détendre ? »
Big tits/ MILF / blowjob/ young buddy/ cumshot/ search
Dans sa tête [Frédérique] « Haaaa quel joli spectacle….Enfin une bien belle requête ! »
07 novembre 2009
Dialogue toi-même (3)
12h30
Résumé de l’épisode précédent : Frédérique Bredouille a parlé avec Mademoiselle Dusk dans le miroir des toilettes du bureau à 11h30. Il est 12h30.
Frédérique a enfin fini sa présentation. Elle arrive à un résultat satisfaisant : 27,50 Euros de GOP en Year End Forecast pour la totalité du groupe We Feed the World, c’est une donnée tout à fait cohérente. L’année dernière le groupe a fait 9 milliards de Chiffre d’Affaire, mais elle se dit qu’après tout là c’est la crise. Elle va aux toilettes et se mouche bruyamment devant le miroir.
Mademoiselle Dusk est là. « Ca va ma chatte, tu t’en es sortie ? »
Frédérique Bredouille : Oui, ça a été dur, mais j’y suis arrivée, je suis contente. J’ai bien travaillé. Maintenant je vais aller déjeuner au restaurant d’entreprise avec les collègues, et je reprendrai deux fois du dessert-bar pour me récompenser.
Mademoiselle Dusk : Du dessert-bar ? Arrête tu m’excites ! (Elle se tortille dans le miroir en se touchant les seins.) Non, je rigole, hein, me regarde pas comme ça…..Tu veux pas aller voir le petit Mattéo plutôt ? Ca serait plus sympa comme déjeuner….moi ça me dirait bien !
Frédérique Bredouille : Nan ! Pas lui ! Ca va durer des heures, on va encore rentrer à 16h, je vais perdre toute l’après-midi et quand on rentrera j’aurai la mâchoire à moitié coincée ! En plus j’ai pas fini, maintenant il faut que je colle mes tableaux Excel dans Powerpoint et que je rajoute des flèches colorées pour bien tout expliquer les chiffres.
Mademoiselle Dusk (perdue dans ses pensées) : C’est vrai qu’il est insatiable…. (Se reprenant) Mais il va aussi nous expliquer comme faire marcher ton Iphone, comme ça tu pourras récupérer tous tes mails professionnels dessus….ça sera pratique. Surtout que quand le cours de l’action se sera effondré à cause de tes prévisions fantaisistes, tu vas avoir beaucoup de courrier.
Frédérique Bredouille : Ha tu crois qu’il saurait faire ça ?
Mademoiselle Dusk : Ça, et bien d’autres choses encore… Par exemple je suis sûre qu’il sait synchroniser l’Iphone et le calendrier Outlook. En plus, il aura peut-être récupéré chez son vendeur de shit un GPS tombé du camion, ça t’éviterait de te retrouver à Rungis à chaque fois que tu prends le périph’ avec ta 106. Allez, viens, ça va être cool, on va se défoncer à la beuh, t’auras peut être l’air moins coincée après….
Frédérique Bredouille : Ha non, moi je fume plus, la dernière fois j’ai baddé, comme il dit. Je me voyais nue dans les couloirs de WeFeed the World, avec un bâtonnet Coralia planté entre mes seins, et là le directeur financier s’approchait de moi en murmurant d’une voix sépulcrale « Le Year End Forecast est faux, Mademoiselle Bredouille ! » avec un pot de mayonnaise à la main. Quel cauchemar horrible !
Mademoiselle Dusk : Remarque, c’est vrai qu’il est faux ton forecast…. (Elle se racle la gorge.) T’es pas drôle, vraiment. Bon, ben tu fumeras pas, ok. Il aura peut être un petit ecsta à la place, je le balancerai discrètement dans ton jus de pomme. On y va alors, hein ? Mattéo il nous attend, là.
Frédérique Bredouille : Bon…je veux bien, mais c’est vraiment parce que j’ai besoin de récupérer mes mails de bureau sur l’Iphone, hein. J’ai bien lu la notice qui est dans la boîte, mais ça marche pas…. Et on fait pas de fellation aujourd’hui, hein, j’ai déjà la mâchoire qui grince à cause du stress.
Mademoiselle Dusk : Oui c’est ça. On n’en fait pas. Pas de gorge profonde pour Frédérique aujourd’hui, elle a la mâchoire en rideau. Il comprendra. Je suis sûre. De toutes façons, avec l’ecsta, tu pourras gober n’importe quoi…. Allez, mets un peu de rimmel, merde, c’est pas possible ce look que t’as ! Et puis fais péter les lentilles de contact, Unebitepourtoi_92 il a pas rendez-vous avec Mrs Magoo, merde ! (À elle-même) Quelle misère d’habiter dans une cruche pareille…
05 novembre 2009
Dialogue toi-même (2)
11h30 du matin
Résumé de l’épisode précédent : Frédérique Bredouille a parlé avec Mademoiselle Dusk dans le miroir de la salle de bains ce matin à 8h00. Il est 11h30.
Frédérique est sur Excel depuis deux heures, ses yeux se croisent un peu. Elle achète un paquet de bonbons au distributeur du rez-de-chaussée pour se donner du courage. Elle entre dans les toilettes pour faire pipi, avec l’idée de faire au passage une petite sieste, un « catnap ». Dans Femme Actuelle ils disent que c’est très réparateur, n’en déplaise à Mademoiselle Dusk.
Justement, cette dernière apparaît dans le miroir au dessus des lavabos. « Alors ma chatte, ça mouline sec ? »
Frédérique Bredouille : Oui, c’est pas facile. Je me suis aperçue que j’avais interverti par mégarde les prévisions de vente des USA et du Bhoutan. J’ai passé un certain temps à corriger mon erreur.
Mademoiselle Dusk : Ma pauvrette. Et je crois avoir remarqué que tu as confondu les actuals de vente du mois en cours avec ceux du cumul annuel…enfin, moi, je dis ça, je dis rien, hein !
Frédérique Bredouille : Hein ? Pourquoi tu ne m’as rien dit ? Au secours ! Aide-moi !
Mademoiselle Dusk : Si je t’aide on va chez Mattéo ?
Frédérique Bredouille : Nan !
Mademoiselle Dusk lui fait un clin d’œil, son reflet s’évanouit dans le miroir : « Alors, à plusse, ma chatte ….»
04 novembre 2009
Dialogue toi-même
8 heures du matin.
Frédérique Bredouille se regarde dans le miroir de sa salle de bains. « Houlala j’ai une de ces têtes moi ce matin !»
Tout à coup le reflet de Frédérique est remplacé par celui de Mademoiselle Dusk. Elle cligne de l’œil. « Une vraie bonne tête de guiguitte ! »
Frédérique Bredouille : Ha non pas toi, pas dès le matin !
Mademoiselle Dusk : Comment ça pas dès le matin ? Je suis là tout le temps tu le sais bien !
Frédérique Bredouille : Non. D’habitude le matin je suis motivée, je me dis que je vais bien travailler, être efficace, et tu n’apparais que vers 11h, quand j’ai déjà mouliné de l’Excel pendant deux heures et que le doute m’assaille.
Mademoiselle Dusk : Toi, travailler ? Produire ? Mais tu en es incapable ma pauvre chatte.
Frédérique Bredouille : Non c’est faux, je suis très efficace quand je veux, et surtout quand tu me laisses en paix. En plus, ce matin je dois préparer les slides du Kick-Off pour notre président, je dois vraiment me concentrer.
Mademoiselle Dusk (imitant Frédérique, la bouche en cul de poule) : Je suis très efficace quand je veux gnagnagna ! Tu vas encore te tromper dans les chiffres et présenter un Year End Forecast tout faux, comme l’année dernière.
Frédérique Bredouille : Je m’étais trompée en recopiant une formule dans Excel. Ca arrive à tout le monde. Et comme à l’arrivée il y a eu la crise, ma prévision s’est avérée bonne finalement, et personne n’a rien remarqué. C’est la magie d’Excel.
Mademoiselle Dusk : Tu as toujours été une incapable et une impostrice….je ne suis qu’une émanation de ton moi profond. Enfin, de ton moi creux, en l’espèce, car parler de profondeur à ton sujet me parait exagéré.
Frédérique Bredouille : C’est faux ! J’ai fait de bonnes études ! J’ai travaillé dur ! Je suis partie de rien !
Mademoiselle Dusk :….Pour arriver à pas grand-chose. Parlons-en de tes études : tu te rappelles la fois où tu avais repompé la dissertation d’une autre élève en la piquant dans le casier du professeur d’HERPES~Herméneutique Pédagogie et Société ? Tu es tellement bête que tu avais volé la copie la plus nulle de la classe. Et quand tu as commencé à travailler chez Fleury-Michon, tu te cachais dans les toilettes pour dormir…tu éteignais même la lumière !
Frédérique Bredouille : Oui, mais je restais travailler très tard, à l’époque j’avais la niaque.
Mademoiselle Dusk : La niaque, toi ? Tu as toujours été une pleurnicharde molle.
Frédérique Bredouille : Je suis peut être une pleurnicharde, mais toi tu es une pute !
Mademoiselle Dusk : Ha non, ma chérie, je n’ai jamais fait payer personne. De plus, tu connais ma propension à m’enticher de jeunes gens complètement fauchés….je suis au contraire extrêmement désintéressée. Ha, Babyface ! Rien que d’y repenser, j’en ai les élastiques du string qui claquent…..Sans moi tu n’as aucun succès avec les hommes. C’est grâce à moi que tu as pu enfin te faire sauter, ne l’oublie pas, tu me dois beaucoup finalement. Non ….en un sens c’est toi qui es vénale, ce petit salariat auquel tu t’accroches, c’est d’un minable ! Aucune classe, aucun panache, ma pauvre Frédérique !
Frédérique Bredouille : Peut-être, mais en attendant, les nippes en python thermoformé que tu nous obliges à porter, c’est moi qui les paie, hein, alors camembert ! Quant à ton succès avec les hommes, évidemment, ils se servent de toi, enfin de nous, comme d’un sac à foutre, et tu ne t’en rends même pas compte !
Mademoiselle Dusk : Ils sont fous de moi, je leur décroche des sourires carnassiers, je leur fais des clins d’œil, je pose mes seins sur la table
Frédérique Bredouille : MES seins !
Mademoiselle Dusk : ….nos seins sur la table…ils fondent tous !
Frédérique Bredouille : Mouais…tu les séduis, et une heure plus tard c’est moi qui me retrouve à étouffer avec un gland baveux sur la glotte et des couilles qui claquent sur mon menton…charmante perspective.
Mademoiselle Dusk : Hooooo…. écoute ma chatte, je vois que tu es de mauvais poil aujourd’hui. Tiens j’ai une idée sympa : tu ne veux pas aller faire un petit tour chez unebitepourtoi_92, tu sais le petit Mattéo, il est sympa, et il habite chez sa maman dans les Hauts-de-Seine, c’est tout près du bureau ? On n’a pas de réunion ce matin, ce serait dommage de s’ennuyer à faire de l’Excel ! (En fait je lui ai un peu promis qu’on viendrait, sa maman n’est pas là ce matin.)
Frédérique Bredouille : Ha non ! Pas lui ! Il a 22 ans, sa bite est en béton, ça va encore durer des heures, on va jamais rentrer à temps pour calculer le Year End Forecast ! Il s’arrête jamais c’est interminable ! En plus sa chambre sent la vieille basket ! Nan, ce matin, je travaille !
Frédérique claque la porte de la salle de bains et éteint la lumière. Elle enfile une paire de mocassins à glands bien confortables, attrape son sac à main Longchamp, et trottine vers l’entrée du RER A pour se rendre à son travail. Comme elle n’a pas pris le temps de se sécher les cheveux et qu’il fait frisquet, elle éternue (Atchoum !) juste quand son pass Navigo bippe sur le portique de la RATP (Bip !).
03 novembre 2009
Nouveauté
Une nouvelle section "Bienvenue à Bord" vient de faire son apparition dans le bandeau à droite.
Vous y trouverez
* une sorte de Best-Of, qui devrait faciliter la prise en main du blog par les nouveaux lecteurs.
* une sorte de portrait de l'auteure, pour mieux comprendre qui c'est qui cause dans le poste.
* une interview radio de l'auteure, diffusée en octobre sur une cinquantaine de radios associatives. Je précise que cette interview a été réalisée dans les locaux de We Feed the World....
Bonne écoute !
26 octobre 2009
Spéciale Dédicace
Un samedi après-midi, dans une librairie, quelque part en région parisienne.
Frédéric Beigbeder dédicace son dernier livre, Un Roman Français. Il cite Antoine Blondin "Je ne me sens chez moi que dehors". Il porte des chaussures Berlutti, un pull en cachemire noir. (Quitte à citer des poivrasses, autant s'habiller avec classe).
Dialogue :
Frédérique Bredouille : "Bonjour Frédéric". Elle tend son exemplaire du roman. "Pour Frédérique. Bredouille".
Frédéric Beigbeider - un temps d'hésitation-
Frédérique Bredouille : "Oui, tout le monde n'a pas la chance de s'appeler Frédérique Beigbeder".
Frédéric Beigbeider - dédicaçant l'ouvrage - un temps d'hésitation- "Remarquez, moi il m'arrive souvent d'être bredouille".
Frédéric Bredouille : "Certes, mais moi c'est tous les jours!"
(Dialogue prémonitoire, s'il en fût. Une semaine plus tard, Frédéric fera partie des quelques privilégiés qui verront Prince jouer en concert privé pendant 3 heures à La Cigale, pendant que Frédérique se bourrera de Lexomil la tête au fond de son micro-onde pour oublier qu'elle n'y est pas allée, elle.)
19 octobre 2009
NSA
NSA
La première fois qu’on traîne sur un site de rencontres américains pour améliorer son anglais , on est frappé par la présence à toutes les pages de l’acronyme NSA.
(Digression : l'abonnement Adult Friend Finder est beaucoup plus efficace que des cours à l'école Berlitz. Un chat transatlantique à l'heure de la pause café, soit pile au moment du réveil de la côte est des USA, permet de faire une moisson de vocables intéressants. Par exemple on peut apprendre que l'adjectif "dripping" peut décrire autre chose qu'un robinet qui fuit. L'abonnement Adult Friend Finder devrait être pris en compte au titre du DIF. Bref.)
Sur ce type de sites, les hommes cherchent tous une FWB NSA.
Renseignements pris, il s’agit d’une Friend With Benefit No Strings Attached. Je traduis pour ceux qui n’ont pas le TOEFL: un plan cul sans prise de tête.
Cette notion du NSA mérite qu’on s’y penche. Pas de « strings », c'est-à-dire pas de lien. Le lien, c’est l’attachement, c’est l’enracinement, c’est l’implication. C’est le fait de découvrir l’autre, et de rester pour le connaître vraiment. C’est aussi, à terme, une fois la découverte finie, la contrainte.
La formule consacrée en français, et traduction exacte de NSA est donc sans prise de tête (95% des annonces masculines francophones présentent sur des sites de rencontre portent cette mention, ce qui est révélateur), elle dit bien la cruelle réalité de l’interaction humaine : on boit un verre, on papote et plus si affinités, et rapidement on en vient à l’échange des points de vue et à la confrontation, qui embête tout le monde.
L’idéal c’est donc la relation jetable. La relation NSA. Un gros bouton Stop Eject posé sur la tête des gens sur lequel on peut appuyer quand la conversation vire à l’aigre. D’ailleurs la personne concernée ne pourra pas se plaindre, puisque la mention NSA figurait bien en évidence sur la relation proposée au départ. Si d’aventure cette personne en venait à récriminer, il suffit de lui relire les termes du contrat : aucun engagement. C’est bien pratique.
Le plus intéressant dans l’affaire, c’est que, extension du domaine de la lutte oblige, la mentalité NSA n’est que la face privée des modes opératoires du monde du business. Au lieu de dire CDD ou interim, on pourrait très bien dire « Contrat NSA » ou « Contrat Sans Prise de Tête » par exemple. Interchangeabilité, polyvalence, mutualisation des compétences, autant de modes organisationnels qui favorisent le NSA. Le salarié ne crée aucune relation avec son client (externe ou interne), du coup il sera d’autant plus facile à remplacer. Le client n’a jamais affaire à une personne en particulier, mais à un centre d’appel, mieux encore à un site web. Personne ne manifestera si cette personne que l’on n’a jamais vue, à qui l’on a jamais parlé, dont on ne sait pas le nom, se fait licencier.
« 600 000 clients défilent dans la rue pour manifester contre le licenciement de Kevin Gonzalez webmaster du site La Redoute.com »
« Une pétition d’envergure nationale des clients de la Redoute contre le non renouvellement du contrat de travail de Fatima Bilaoui, chargée de clientèle sur le centre de relations clients»
Du coup, après avoir passé sa journée de travail dans la menace constante d’être remplacé par une autre compétence identique quelque part ailleurs dans l’entreprise, il est assez compréhensible que le salarié lambda exige cette « liberté » en retour dans ses interactions avec le sexe opposé.
« Kevin G (alias Unebitepourtoi_67) épousera Fatima B (alias Cassemoiendeux_45) à la mairie de Roubaix le dimanche 27 juin 2009»
En résumé, si vous me permettez un raccourci quelque peu audacieux, on a toujours besoin d’un sac à foutre chez soi.
15 octobre 2009
Substantifique Moëlle
Enfin !
Je sors en tête sur la requête "Femme Mûre à Gros Seins".
Près de trois ans d'efforts pour en arriver là. Quel achievement Mademoiselle Dusk !
13 octobre 2009
Les mains de Mlle Dusk sur TF1
On voit bien mes mains sur la droite de l'écran quand même !
http://tf1.lci.fr/infos/culture/0,,4841555,00-les-images-du-concert-au-grand-palais-.html
12 octobre 2009
Roman Business Photo
En hommage à Ronce et Pikrate, du blog "Tu es si belle", et avec l'aide de Nous Deux.
02 octobre 2009
Documentaire animalier
Aujourd’hui, la guiguitte, une espèce en voie de prolifération.
Localisation
Pour trouver des guiguittes, il faut se promener dans la région parisienne. Pas à Neuilly, c'est trop snob. Pas à Saint Cloud, c'est trop cher. Pas non plus à Pontaut-Combaut, c'est trop loin, et un peu plouc sur les bords. Plutot quelque chose de verdoyant mais pas trop, comme Vincennes ou Saint-Mandé.
Démarche
Pour voir une guiguitte il faut avoir de bons yeux car elle court vite. Comme le lapin d’Alice aux pays des Merveilles, la guiguitte est toujours en retard. Elle passe son temps à courir de son appartement de taille raisonnable jusqu'à l'école primaire, puis jusqu'à chez la nounou, puis jusqu'à à l'entrée du RER, enfin dans les couloirs de la correspondance du RER jusqu'à sa tour sur le parvis de la Défense.
Habillage
Comme la guiguitte est toujours en train de courir, elle s'habille de façon fonctionnelle. Elle ne porte pas de talons hauts. Elle ne porte pas non plus de chaussures plates, c'est mauvais pour le dos, elle porte des talons raisonnables. Elle affectionne les marques comme Jean Thiot qui font des chaussures en différentes largeurs et dans lesquelles on peut faire bouger ses doigts de pied.
La guiguitte est toujours très chargée, car elle emporte de nombreux objets « au cas où » (La notion de au cas où est importante dans la psychologie de la guiguitte, car elle est prévoyante, nous y reviendrons) du coup elle achète des sacs Longchamp en toile. Le sac Longchamp est un excellent marqueur de guiguitte, quand on voit un sac Longchamp, il y a de bonnes chances qu’une guiguitte soit accrochée au bout. Longchamp est une marque raisonnable et fonctionnelle, sans ostentation. Le sac ne sera pas entièrement en cuir, c'est moins cher, mais pas complètement en tissu, c'est convenable. Loana, par exemple, porte rarement des sacs pliage Longchamp. D'ailleurs le sac Longchamp est pliable ce qui permet un gain de place. La guiguitte a une prédilection pour les objets fonctionnels : gain de place, deux en un, réversible. Le sac Longchamp a été conçu pour elle.
La guiguitte prévoit en général en plus du sac Longchamp un petit sac en carton avec une poignée en cordage, du genre de ceux que l'on donne dans les parfumeries Sephora, dans lequel elle range ce qui dépasse du sac, mini-bouteille de Contrex pour bien faire pipi, livre de poche d’Anna Gavalda pour se changer les idées, parapluie pliant au cas où il pleuvrait. (La notion de au cas où est importante dans la psychologie de la guiguitte, nous l’avons déjà dit). Il ne serait pas raisonnable d'avoir un autre sac Longchamp, cela serait trop, de plus le parapluie humide risquerait de l'endommager, alors que le petit sac Sephora en carton ne craint rien, quand il est abîmé on le remplace.
Lavage
La guiguitte est toujours propre sur elle, car elle se lave avec du gel douche Sanex. Pas avec du Tahiti senteur Noix de coco. Elle sent bon car elle utilise une eau de repassage à la lavande et se parfume avec un parfum discret, pas Magie Noire de Lancôme par exemple comme Mademoiselle Dusk. Sous ses aisselles elle tartine aussi du déo Sanex, pas du Impulse. Cela explique peut être pourquoi aucun inconnu ne lui a jamais offert un bouquet de fleurs en pleine rue à l’improviste : Sanex ça sent un peu l’hôpital.
La guiguitte ne porte que des textiles lavables, c’est beaucoup plus pratique que d’aller chez le teinturier. Du coup on la voit rarement habillée en python thermoformé, comme Mademoiselle Dusk par exemple, qui a des notes de teinturier astronomiques.
Pelage
Dans ses cheveux, la guiguitte n'a pas de grosses racines noires comme Loana. En fait, tous ses cheveux sont noirs. La guiguitte est brune, ou plutôt, chataîn, c'est plus raisonnable que brune. Contrairement à la femme du 16ème arrondissement de Paris, la guiguitte ne se fait pas de balayage blond, c'est trop compliqué à entretenir. Elle ne se fait pas non plus de piqûres d’acide hyaluronique dans la bouche. Du coup la guiguitte a les lèvres fines. On dit rarement d’une guiguitte qu’elle a une bouche à pipe. Elle ne se fait pas non plus gonfler les seins avec du sérum physiologique, du coup elle dépasse rarement le bonnet 85A. Comme elle n’aime pas les vêtements moulants elle met des chemisiers, par exemple de chez Cyrillus, et ses deux œufs au plat disparaissent complètement dans l’étoffe.
Entretien
La santé de la guiguitte est globalement solide, mais elle s'enrhume facilement car elle part toujours les cheveux humides au travail pour gagner du temps le matin. (Il faut dire que le matin c’est un peu la course, entre l’aîné qui ne retrouve plus son t-shirt Pokemon et le cadet qui a vomi tout ses chocapics sur le pantalon de la guiguitte juste à l’heure de partir). Du coup, quand elle arrive au pied de sa tour en janvier, avec les vents qui tourbillonnent sur le parvis, la guiguitte a les cheveux tout gondolés et la goutte au nez.
La guiguitte décède rarement d’un cancer du colôn car à la cantine, à midi, elle mange beaucoup de choses vertes, comme des haricots, des petits pois ou des brocolis. De plus elle a des yaourts au bifidus dans son tiroir pour son quatre heure.
Activités
La guiguitte travaille dur. Elle est rigoureuse, fiable, elle a de la mémoire. Elle ne questionne pas les missions qu’on lui confie, elle met en œuvre, elle délivre. Elle ne fait jamais de second degré. Sa hiérarchie lui confie beaucoup de dossiers, on peut la charger, elle ne râle jamais. En plus elle n’exige pas un gros salaire en retour, et en fin d’année on trouve toujours le moyen de la culpabiliser en lui disant qu’on n’a pas atteint les objectifs de GOP, que la boîte va mal, et que du coup on ne peut pas lui donner de prime, comme l'année dernière et comme l'année d'avant, elle gobe tout sans problème ! Elle est assez facile à manipuler. On peut même la convaincre de refaire le coup de la GOP à ses subordonnées à elle, elle le fait comme un bon petit soldat-guiguitte qu'elle est, On peut dire que globalement, le ROI de la guiguitte est bon. En général les hiérarques du CAC 40 aiment bien les guiguittes, en tous cas ils préfèrent une bonne guiguitte à un poète anarcho-syndicaliste. Du coup les tours du CAC 40 grouillent de guiguittes.
La guiguitte ne se laisse pas distraire sur son temps de travail, elle est toujours pressée. Comme elle doit rentrer à temps pour libérer la baby-sitter, elle remporte souvent son ordinateur portable à la maison pour retravailler un peu quand ses deux enfants sont couchés (la guiguitte a toujours deux enfants, moins c’est trop peu, plus ce n’est pas raisonnable). Avec le sac à ordinateur, le sac Longchamp, le sachet Sephora et le parapluie trempé, la guiguitte est un peu chargée dans le RER quand elle rentre, et elle aimerait bien s’assoir mais personne ne lui laisse la place (surtout pas les cinquantenaires avec un Régécolor rougeâtre) alors elle reste debout. Cela dit personne ne lui laissait la place même quand elle était enceinte donc elle a un peu l’habitude. En rentrant elle se badigeonne les jambes avec de la Jouvence de l’Abbé Soury, et puis voilà.
Accouplement
La guiguitte est peu portée sur la gaudriole. Par exemple, on surprend rarement une guiguitte en train de prodiguer une fellation à un stagiaire dans le local à fournitures. De fait, le stagiaire Kevin ne lui propose pas de mettre son sexe dans sa bouche. Rappelons qu’elle les a les lèvres fines, les seins plats, les cheveux gondolés et la goutte au nez. Or Kevin a pris de mauvaises habitudes depuis ses 9 ans avec les vidéos du site HotChicksToFuck.com ou les dames ne sont jamais enrhumées car elles habitent à Los Angeles et savent manier un sèche-cheveux 6 vitesses.
Pourtant, certains jours, on peut voir la guiguitte observer Kevin du coin de l’œil quand il se penche en avant pour réparrer le bourrage papier de la photocopieuse et que son tatouage ethnique dépasse de son pantalon. Des visions bizarres passent devant ses yeux cernés, elle imagine la suite du motif du tatouage…mais rapidement la ToDo list qui tourne en heavy rotation dans sa tête reprend le dessus, et elle se remet à penser à demander son identifiant pour pouvoir se connecter au site de la CAF. De toute façons cette situation particulière du Kevin penché se produit peu, parce que la photocopieuse tombe rarement en panne.
Une situation beaucoup plus courante, c’est quand la guiguitte fait une réflexion désagréable au stagiaire Kevin, parce qu’il faut bien dire ce qui est, la guiguitte est pète-sec. La guiguitte, c'est pas du genre à vous taper sur l'épaule ni à passer trois heures à la machine à café, hein! D'ailleurs elle a sa bouilloire dans son bureau et elle boit de la tisane pour bien faire pipi.
A la maison, une fois par mois, la guiguitte met du lubrifiant KY dans son vagin pour que son mari qui perd un peu ses cheveux puisse coulisser entre ses jambes sans que ça crisse trop. N’oublions pas que la guiguitte prend la pilule et qu’elle a la chatte sèche comme un petit beurre. Tout cela n’est pas très satisfaisant, parce qu’après elle a le haut des cuisses qui colle et elle attrappe une cystite qui brûle quand on fait pipi, c'est pour ça qu'elle s'hydrate beaucoup avec sa tisane, mais c’est important d’avoir une vie sexuelle, grâce à cela on vit plus vieux, elle l’a lu dans Top Santé, alors elle serre les dents.
Loisirs
Après avoir couché ses deux enfants , la guiguitte lit un roman de Anna Gavalda dans son lit, pendant que son mari travaille sur l’ordinateur dans le salon, car il est très investi dans son travail. Curieusement, il efface toujours les traces de son historique de navigation, ainsi que les cookies et les fichiers temporaires. Il lui a dit que c’était pour éviter les virus qu’on attrape sur Internet. Ce n’est pas pratique parce que du coup elle est obligée de ressaisir ses coordonnées dans le site de la CAF à chaque fois, c’est comme ça qu’elle a oublié son identifiant.
Le jeudi soir, la guiguitte lit aussi, car son mari sort boire un verre avec des copains à lui, ça lui fait du bien car il travaille vraiment beaucoup. Il rentre tard, et curieusement il a le bas des cheveux humides et il sent un peu le chlore. Elle le lui a déjà fait remarquer et il lui a répondu qu’il s’était dépêché de rentrer et que c’était de la sueur. Parfois il sent plutôt l’eucalyptus, et là il répond que c’est l’odeur de ses pastilles Valda parce qu’il a mal à la gorge. (Il a aussi beaucoup de facturettes Carte Bleue Moon City ou les Chandelles dans son portefeuille, mais la guiguitte est crédule, on l'a déjà vu).
Voilà, c’est la fin de notre documentaire. La semaine prochaine, nous observerons les suricates.

01 octobre 2009
Pub
Hou Hou! J'ai découvert deux blogs hilarants et ça fait deux heures que je me bidonne à les lire au lieu de travailler sur la présentation des résultats aux analystes de notre Président....regardez "Bon pour ton poil" et "Tu es si belle" dans la liste de mes liens, vous m'en direz des nouvelles.
21 septembre 2009
ONISEP
Un jour, à l’ancienne adresse de ce blog, j’ai reçu de la part d’un jeune lecteur ce message : « j'ai pensé que ça vous motiveriez de savoir qu'en désacralisant de la sorte les grosses boites, vous m'auriez fait tenter ma chance dedans...et oui, c'est en grande partie grâce à vous que j'ai accepté de travailler chez Arcelor Mittal plutot que dans une PME parce qu'à l'origine je pensais que les grandes entreprises et bien c'était des choses d'élitistes »
Je suis ravie d’avoir pu contribuer à l’orientation professionnelle de ce jeune homme et de l’avoir convaincu de rejoindre le monde mirobolant du CAC 40. Enfin, de la bourse de Mumbai ou de Luxembourg, dans le cas de Mittal. Au passage, félicitons-le, quitte à travailler dans un grand groupe autant choisir une industrie de process faible en main d'oeuvre, dont les productions alimentent l'industrie lourde chinoise, dont le siège est dans un paradis fiscal et le patron un milliardaire indien. Bonne pioche !
Si ça continue, ce blog finira avec une mention « Déclaré d’utilité Publique », comme les bouteilles de Badoit….ça me changerait du sticker infamant « Explicit Lyrics » que je me trimballe auprès de certains lecteurs historiques.
Du coup, il me semble intéressant de continuer dans cette veine pédagogue, et d’aider les jeunes diplômés à se repérer dans la jungle des offres d’emploi.A près tout le business ça me connaît. Ouvrons quelques courriers.
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« Mademoiselle Dusk, on me propose de travailler comme ingénieur chez Colt Télécom, sur les réseaux de data, que dois-je faire ? »
Mon enfant, non, voyons, Colt Telecom, mais ça sent le voyou à plein nez ! Et puis qu’est-ce que c’est que ces histoires de dada ? Non, pourquoi ne pas postuler plutôt chez France Telecom, j’entends dire qu’ils ont un problème de pyramide des âges en ce moment, des défections en série, il y a des opportunités à saisir !
Postule dans les mobiles, sur les offres porteuses comme Ola, ou Bibop. Couplées avec un pager de type Tatoo ou Alphapage, cela me semble être l’avenir, car on peut recevoir des messages codés et rappeler son interlocuteur pour se faire expliquer le sens de son message, si on trouve une borne à rayures vertes dans Paris et que l'on a réussi à identifier l’interlocuteur en question.
Sinon, tu peux postuler dans la division Minitel, on me dit que grâce aux sites à caractère pornographique elle est très rentable, et ça c’est un marché très stable, je peux témoigner.
Si tu veux vraiment trouver un sens à ta vie, et faire dans l'humanitaire, inutile d'aller t'embarquer pour des régions reculées, postule dans la division cabines téléphoniques, j'ai remarqué qu'elles servaient souvent d'abri à des SDF ces temps-ci.
« Mademoiselle Dusk on me propose de travailler comme commercial chez Rank Xerox, dans la business unit France, je suis très content parce que c'est une véritable école de la vente »
Mon enfant, tu dois être fou ! Veux-tu VRAIMENT passer tes journées habillé d’un costume en tergal, au volant d’une Clio 3 portes coincée dans les bouchons, déjeuner d’un sandwich Sodebo à la mayonnaise sur tes genoux dans ta voiture, garé sur des parkings de zones d’activité, et passer tes soirées à remplir des comptes-rendus de visites dans l’outil de Sales Force Automation avant de t’endormir enfin à l'aide d'un tube de Lexomil?
Sache que les forces de ventes sont les fonctions les plus pressurées de l’entreprise, en général soumises à un management brutal qui leur impose des fluctuations incessantes de leur territoire et de leurs portefeuilles de clients, sous couvert d'objectivité chiffrée. C'est ce que l'on appelle en termes polis la flexibilisation de la force de vente. Une fois bien flexibilisée, la force de vente est tellement ramollie qu'elle est bonne à jeter. Les seuls individus qui résistent à ce traitement sont des margoulins mysogines et sans foi ni loi, qui vendraient leur mère pour placer une cartouche de toner.
D'ailleurs, je te recommande de te méfier comme la peste des entreprises américaines, qui savent fort bien promouvoir leur image de modernité et la soi-disant carte de visite qu’elles représentent, pour te payer en queues de cerises du Texas et t'en faire baver des ronds de chapeaux du Missouri.
La prochaine fois tu vas m’annoncer que tu postules chez General Electric parce qu'ils sont leaders sur leurs marchés, chez Procter&Gamble parce que leurs méthodologies sont éprouvées, ou chez Disney Because it's Magic ? Tu sais où il finira le magic ? Dans ton cul !
[Excusez moi je m'emporte mais ces jeunes sont d'une naïveté désarmante ! ]
« Mademoiselle Dusk, on me propose de travailler comme chef de produit chez MakeUp Forever, je vais m’occuper du Touche Eclat qui enlève les cernes comme par magie ! C’est trop hype ! Je suis trop contente Hiiiiii !».
Ma chérie, c’est très bien, mais pourquoi ne pas postuler dans un vrai travail, et te racheter une tête à coiffer Smoby pour jouer chez toi ?
« Mademoiselle Dusk, on me propose de travailler comme informaticien chez Accenture ».
Mon enfant, oui c’est très prestigieux, mais assure toi de prendre une carte orange qui te permette d’aller travailler jusqu’à Bengalore. Happy Divali !
« Mademoiselle Dusk on me propose de travailler comme coordinateur transverse chez Nestlé, à la tête de groupe, à Vevey»
Mon enfant, c’est une excellente offre ! Enfin un jeune homme qui a la tête sur les épaules ! Les têtes de groupe sont souvent des endroits très calmes, où l’on peut dormir tranquille. Elles sont situées dans des localisations prestigieuses, comme le 16ème arrondissement (je me souviens avec délice de mon stage de coordinatrice transverse débutante chez Pernod Ricard, place des Etats-Unis), ou mieux encore, dans ton cas, avec vue sur le lac Léman.
Prends bien soin de ton branding avant l’entretien. Je veux dire qu’il faudra t’habiller très correctement et ne pas mettre les doigts dans le nez car les bonnes adresses sont souvent peuplées de petits malins issus de très bonnes familles qui se tiennent bien droit. Je te donne un tip : tu peux utiliser quelques phrases standards qui non seulement impressionneront tes interlocuteurs, mais te permettentront par la suite d’apaiser toutes sortes de situations conflictuelles. Un exemple : « Le partage de bonnes pratiques nous permettra de progresser dans la cross-fertilisation de nos différentes entités et vous pouvez être assuré de la contribution du groupe à votre chantier d’amélioration de la performance qui coincide tout à fait avec nos guidelines ». Oui je sais, il faut bien respirer avant de se lancer, mais tu prendras l’habitude.
J’écris en ce moment un manuel à l’usage des coordinateurs transverses débutants qui fourmille de phrases toute faites mais qui sonnent très concrètes, cela te permettra d'être très rapidement opérationnel et de réussir ta prise de fonctions, je te l’enverrai avec une dédicace. Bien à toi.
18 septembre 2009
Duskifié
Hier un lecteur abonné chez LibertySurf est entré sur ce blog à 14h48 et en est sorti à 18h36, après avoir compulsé la totalité des pages du blog.
J'ose espérer que cette personne travaille quelque part dans le CAC 40 et a ainsi dramatiquement ralenti sa productivité....un indice : l'horaire de sortie me parait confirmer qu'il était temps pour ce lecteur d'attaper le RER A "pour La Varenne-Chennevières !
La Duskification des esprits est en marche, ce n'est pas le moment de mollir...Courage Mademoiselle Dusk, courage !
14 septembre 2009
Une revue de qualité
J'ai trouvé sur le web une revue confidentielle, mais de grande tenue.
Je vous la recommande.
Ca s'appelle Ironie.
Quelle concordance de pensées ! Quelle concommittance !
Statuthon
Quand on a un profil Facebook, il est de bon ton d'actualiser son statut régulièrement, chaque jour, ou a minima chaque semaine, pour montrer qu'on est actif, qu'on fait plein de choses et qu'on n'a pas un électroencéphalogramme plat.
Il ne s'agit pas de faire de sa vie une télénovela, et de changer effectivement de statut social ou marital toutes les semaines, Dieu soit loué, cela serait épuisant (lundi : marié-Gérant de société; mardi : divorcé-RMiste; mercredi : pacsé-profession libérale).
Non, plus simplement, les personnes présentes sur Facebook se contentent de donner quelques éléments sur leur actualité personnelle ("Putain trop ouf la teuf de Riri hier à Noisy" ou "Hier j'ai perdu ma nièce dans un accident de voiture, sale journée !"*), ou leurs pensées/états d'âmes/opinions ("Il fé moche" ou "Hortefeux connard")
In fine, l'ensemble ressemble aux marroniers des journalistes ("J'avé oublié que la cravate ca serré le cou" à la rentrée, "Le père Noël il m'a apporté un string en bonbons dans mon petit soulier" à Noël, "Tro coul je me kass à Ibiza ce soir, à moi la défonce à l'ecsta sa race" en juillet).
Ayant épuisé toutes les versions de statut qui lui venaient spontanément à l'esprit le matin vers 9h00, heure de sa première connexion à Facebook, ("Le RER A ça schmoute grave quand même", "Il est 10h seulement ? la journée va être longue", "Tiens, il pleut, je crois que je vais m'enfiler un lexomil", "Si je m'enfilais un Kevin à midi plutôt ? "), Mademoiselle Dusk est en panne d'inspiration...
...C'est le moment de la jouer vraiment web 2.0 et de lancer un "Statuthon" : que tous mes lecteurs me proposent ici même une idée de statut classe et qui claque ! La meilleure proposition figurera sur mon Facebook.
Merci d'avance !
*véridique, vu sur Facebook !
11 septembre 2009
Ipsos
Un commentateur de l'IPSOS attribuait ce matin sur France Inter la chute dans les sondages de François Fillon, premier ministre, aux cafouillages successifs à propos de la taxe carbone au sein du gouvernement.
Il est possible de s'interroger quand à la validité scientifique de cette analyse.
MademoiselleDusk.com a pu se procurer en exclusivité la bande enregistrée de l'interview téléphonique qui a servi de support à cette enquête, auprès d'une dénommée Frédérique Bredouille, ménagère de moins de 50 ans.
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Ipsos : Allo ? Ci pour un sondage Madame Bridouille
Frédérique Bredouille : Hin ? Bredouille pas Bridouille ! Vous avez un accent bizarre d'où m'appelez vous ?
Ipsos : De Rabat Madame Bridouille. Notre centre d'appel est basé à Rabat.
Frédérique Bredouille : Ha ! Rabat ! J'ai mangé de bonnes boulettes kefta là-bas, quel pays merveilleux la Tunisie !
Ipsos : Madame Bridouille Rabat est au Maroc pas en Tinisie. Je vous appelle pour vous poser quelques questions sur la pilitique francaise.
Frédérique Bredouille : Je ne veux pas vous brusquer, je sais que vous les lybiens vous avez le sang chaud, mais Rabat est bien en Tunisie. Bref, que voulez-vous savoir ?
Ipsos : Etes-vous favorable à la taxe carbone ?
Frédérique Bredouille : Madame, je ne mange pas de carbone, seulement des bâtonnets Coralia, comme vous le savez je travaille chez We Feed the World, nous sommes les leaders mondiaux des produits de poisson des grands fonds coagulé sous vide !
Ipsos : Madame Bridouille, je ne crois pas que la question porte sur les bâtonnets de poisson, mais sur le prix de l’essence, pour les voitures ou quelque chose comme ça ?
Frédérique Bredouille : Madame je ne me déplace qu’en RER A ! Je passe la moitié de ma vie sous terre, dans une odeur d’œuf pourri qu’on peut qualifier de pestilentielle, mais je ne pollue pas !
Ipsos : Ha ? Mais je dois remplir la case "tout à fait", "un peu" ou "pas du tout", qu'est ce qu'il faut que je coche ?
Frédérique Bredouille : Ha mais cochez mon enfant, cochez ! Cochez tout ce que vous voulez !
Ipsos : Bon je vais cocher "un peu" ?
Frédérique Bredouille : Ha oui ! "Un peu" c'est parfait. Ca résume parfaitement ma vie ! "Straight to the point !"
Ipsos : Madame Bridouille, je dois passer à la question suivante maintenant. (Glou Glou – Excusez moi, je bois un peu d'eau avant de me lancer, cette question m'assèche la bouche à chaque fois). Je me lance : "Pensez vous que le fait que le sicritariat du premier ministre ait publié le 15 septembre à midi trente, soit deux heures avant le sicritariat de l'Elysée, un communiqué de presse rédigé en police Verdana et non Times New Roman, a changé votre pirception sur la capacité de François Fillon a mettre en oeuvre les riformes annoncées lors de la réunion interministérielle du 22 jouillet 2008 ?". "Tout à fait", "un peu" ou "pas du tout" ?
Frédérique Bredouille : Alors là je dois dire que la réponse est évidente. Cochez "Tout à fait". En plus ça change de "Un peu", c'est plus varié.
Ipsos : Merci Mademoiselle Bridouille, vous êtes la seule à avoir ripondu à la question, ce qui me permet de valider le quota de minagères de moins de 50 ans interrogées, soit….Heu ? Une personne ! Ouf ! (Deux mois pour trouver une franssaouie qui comprenne ma question, quelle galère ce taf ! Quand je pense que j'ai fait des études d'astrophysique pour en arriver là ! Nardinenamouk!!)
Frédérique Bredouille : Ravie de vous rendre service ! Vous savez nous autres les coodinateurs transverses nous sommes comme ça ! "Straight to the point" ! Au fait qui est ce François Fion dont vous me parliez ? Je ne suis pas sûre de me souvenir ? Est-il lié d'une façon ou d'une autre à la femme brune qui habite à l'Elysée et qui joue de la guitare?
Ipsos : Je ne suis pas très sûre, mon souperviseur ne m'a pas très bien briefée ? Vous savez c'est ramadan, nous travaillons en séance unique et il est un peu fatigué.
Frédérique Bredouille : Ce n'est pas très important. Dites-moi, je change de sujet... Je compte m'inscrire au Gymnase Club pour la rentrée, et j'ai besoin d'un legging en python thermoformé, vous auriez de bonnes adresses par chez vous ?
Ipsos : Je vous recommande Habibi Confection ! J'y ai acheté un hidjab en pelure de mammouth moulé très seyant et qui me tient bien chaud aux oreilles quand je mange de la soupe Harira à la rupture du jeûne.
Frédérique Bredouille : Ha! il faut absolument que je vienne. Nous irons faire du shopping ensemble puis nous irons manger du Lèblèbi à la Goulette toutes les deux, ce sera charmant !
Ipsos : Très bien Madame Bridouille, sauf que la Goulette est en Tinisie...Je dois raccrocher maintenant, le panneau rouge au dessus de ma tête s'est mis à clignoter parce que j'ai dépassé la durée moyenne de communication, je vais me faire attraper par mon souperviseur ! Merci de votre participation à notre enquête...
Frédérique Bredouille : Mais de rien ! J'ai été ravie de contribuer à votre compréhension de nos belles institutions ! C'est important les institutions, les sous-préfectures, les concours de catégorie A, les grilles indiciaires, tout ça....Appelez moi quand vous voulez, sur la réforme de la carte judiciaire, la fiscalité, la politique communautaure, je vous expliquerai tout, je suis très pédagogue ! A bientôt !
C'est édifiant !



