En France tout le monde se lamente sur le fait qu’il faut réduire le chômage et créer des emplois. Selon le cabinet Mc Insee, plus de 2 millions d’emplois seront non pourvus en France à horizon 2020 du fait d’un déficit de compétences : nous ne disposons pas des compétences nécessaires à notre système productif, alors même que nous allons à grands pas vers l’économie du quaternaire et que de nombreux bouquets de solutions sont à inventer.

Comment résoudre ce problème ? C’est très simple.

 

  • Flexibilisons le marché du travail

Dans un monde de pay-per-use, le CDI est totalement obsolète. Il est temps de passer au people-per-use. Pourquoi ne pas faire signer un avenant à tous les titulaires d’un CDI, qui les transformerait  en auto-entrepreneurs, payés en chèques emploi services. Equipés d’un objet communicant low cost comme un Alphapage, il deviendrait possible de les bipper si la moindre tâche à réaliser se profile. Pour faire en sorte qu’ils soient plus réactifs, on les installerait dans une sorte d’espace de co-working co-brandé avec Quechua, avec vue sur la Seine, sous le pont de Neuilly à proximmité des employeurs potentiels de la Défense. Ce modèle s’inspirant du régime des intermittents du spectacle, sur le plan salarial, on pourrait aussi s’inspirer des métiers du spectacle, avec une rémunération « au chapeau », en fonction de la satisfaction du consommateur final.

 

  • Réduisons la population active

 

Les femmes sont agréables à regarder, en tout cas pour certaines, mais dans les entreprises elles sont toujours occupées à des fonctions support, comme le secrétariat, la communication et les ressources humaines, ce qui revient au même. Or ces fonctions décoratives ont été réduites du fait de la crise. Pourquoi ne pas supprimer toutes  les incitations fiscales aux gardes d’enfants, ainsi que toutes les crèches, afin de faire rentrer les femmes  à leur domicile ? On peut aussi proposer un programme d’insémination des célibataires, avec des doses de sperme livrées par DHL dès qu’une abonnée au site Adopte un Mec reçoit un charme. Pour les handicapés et les seniors, une série de marches glissantes doublée d’une bonne porte à tambour au pied de chaque immeuble tertiaire permettrait de se débarrasser d’eux à moindre frais.

 

  •  Rendons utiles les compétences inutiles

 

Qui ne s’est jamais plaint de la vacuité des conversations lors d’un dîner familial ? Pourquoi ne pas proposer la location à l’heure d’un sociologue qui viendrait apporter un éclairage opportun à la conversation ? On pourrait coupler cette offre avec la livraison d’une pizza ou d’une blanquette, ce qui permettrait d’économiser en termes d’immobilisations puisque le sociologue monterait à l’arrière de la mobylette du chauffeur livreur. Les ethnologues et autres anthropologues, pour peu qu’on les équipe d’un petit décodeur qui permet de comprendre ce qu’ils disent, font toujours leur petit effet, ce qui est toujours mieux que de les laisser se morfondre dans les tours amiantées de leurs universités d’origine. Si les clients s’avèrent réticent à payer le surcoût induit par la présence du sociologue et préfèrent manger leur pizza tranquillement en regardant Confessions Intimes, on pourra toujours prévoir un dispositif de type « chèque-emploi sociologue » pour inciter à l’achat.

 

  • Redorons le blason des métiers manuels

 

Chacun sait que dans ce pays il est impossible de trouver des chaudronniers, des fondeurs, des bobiniers, des soudeurs. Alors qu’il suffit de visiter une fonderie pour se rendre compte que cette ambiance virile, réchauffée par le métal en fusion, chaussures de sécurité aux pieds, masque anti-poussière sur le visage, devrait faire rêver tous les écoliers de France ! Il faut donc rendre l’option chaudronnerie obligatoire dans toutes les sections littéraires du Bac.  Ainsi, les polonais auront bientôt beau jeu de nous narguer avec leurs camionnettes pleines de simples soudeurs, car on rêvera dans toute l’europe de nos jeunes philosophes-chaudronniers capables de manier à la fois le fer (à souder) et la joute oratoire.

 

  • Repensons l’éducation et l’orientation

 

Il est indispensable que l’éducation française ait une vision plus adéquationniste, c’est-à-dire qu’elle produise les compétences adaptées au système productif. Pour ce fait il suffit de mettre en place un système de parrainage dans lequel chaque entreprise du CAC40 prendrait sous son aile une université. La Sorbonne serait ainsi relocalisée au rez-de-dalle de la tour Total à la Défense, Paris VII Diderot dans la cantine d’Areva, et l’EHESS dans des Algeco sur le parking d’Atos à Bezons. Plutôt que de produire des thèses que personne ne lira jamais, les étudiants pourraient produire des plaquettes commerciales et produire des slides powerpoint, ce qui pour le coup serait utile. Ils en profiteraient pour apprendre les règles de bonne conduite en conference call, le respect de la hiérarchie intermédiaire, la durée des processus de validation, et le goût du céleri rémoulade à la cantine.

 

Pour les compétences obsolètes ou en voie d’obsolescence, comme les développeurs Joomla ou Flash par exemple, recyclons les dans les services à la personne. Ils feront merveille en sortie d’école pour rebooter l’ordinateur de Barbie.

 

  • Surveillons mieux les chômeurs

 

Pôle Emploi est insuffisamment équipé pour surveiller les chômeurs : profitons de notre entrée dans l’ère de la « Silver Economy » (économie du vieillissement et de la dépendance) pour mettre à contribution nos personnes âgées.  Plutôt que de toujours vouloir télésurveiller nos personnes âgées, renversons la proposition, et affectons leur à chacune un chômeur à surveiller par webcam, d’autant qu’elles se lèvent tôt, elles.

 

 

En conclusion, et pour parachever ces quelques propositions, la suppression de l’impôt sur le revenu, de l’ISF, des droits de succession, de la TVA sur le BTP et la restauration, l'ouverture de la totalité des commerces 7j/7, 24h/24, l'allocation systématique d'un Crédit Impôt Recherche de 2 ME via un portail web à tous les entrepreneurs justifiant de quatre quartiers de noblesse, et revoilà la croissance et l’emploi !